Les Agriculteurs en difficultés : Trajectoire de vulnérabilité et de résilience socio-économique : étude en Nord Pas de Calais

Après notre séance du 19 septembre ou nous avons échangé sur l’expérience et les actions de « Solidarité Paysans » nous reviendrons sur cette problématique des agriculteurs en difficulté sous l’angle des trajectoires d’exploitants qui peuvent conduire à une situation difficile mais également des facteurs de résilience qui permettent de s’en sortir  

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Que sera la prochaine Politique agricole de L’UE à l’issue de la prochaine réforme ?

On ne sait pas quand la prochaine réforme aura lieu (2020, plus tard ?). On ne sait pas ce que sera sa dotation budgétaire (moitié moins ?), ni les clés de répartition de la manne entre les pays. On ne sait pas ce qui subsistera des organisations de marché ? On ne sait pas ce que sont précisément les rapports de force politiques et le poids respectif de chacun des groupes de pression concernés et agissants. Mais on sait que les débats sont engagés et étroitement liés aux réformes institutionnelles de l’UE actuellement discutées. Nous sommes au début d’un processus à multiples inconnues et nous ne pouvons écarter à ce stade des hypothèses telles que celle d’une quasi renationalisation ou d’un libéralisme échevelé avec l’abandon des instruments de marché. Pour y réfléchir nous avons demandé à :

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Défendre et accompagner les agriculteurs en difficulté : l’expérience de « Solidarité Paysans »

Présentation par : 

  • Patrick BOUGEARD  Président de l’association Solidarité Paysans nationale 
  • Jo VERON et Laure de SAINT PHALLE : Compagnie de théâtre Patrick Cosnet (Recueil de trente  témoignages de bénéficiaires et d’accompagnants bénévoles ou salariés des associations en Pays de La Loire) 

La diminution continuelle du nombre d’agriculteurs est le résultat de deux processus : le plus important par une élimination « silencieuse » des exploitations non reprises lors du départ à la retraite, mais également par le départ en cours de carrière par cessation de l’activité devenue non rentable, processus qui s’est accéléré ces dernières années. Ce second phénomène a pris une acuité et une visibilité plus importante depuis les années 1980 avec la prise en compte de ces situations dans ce qu’on a appelé les «Agridif » (Agriculteurs en difficulté) et la mise en place de procédures coordonnées pour les accompagner. 

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La CIAP : une expérience innovante pour l’installation en agriculture paysanne

Le thème sera présenté par Paul Bonhommeau co-gérant de la CIAP.

La CIAP (Coopérative pour l’Installation en Agriculture Paysanne) a été créée en 2012 en Loire Atlantique à l’initiative conjointe de la Confédération paysanne et des réseaux de l’économie sociale et solidaire et avec le soutien des collectivités territoriales (Région, Département et Nantes métropole). Son but est de favoriser l’insertion professionnelle et territoriale  des porteurs de projet, principalement les « HCF » et surtout les « NIMA » (Non Issus du Milieu Agricole),  notamment en raison des difficultés spécifiques qu’ils rencontrent par rapport aux installations dites « familiales ». Et ainsi contribuer à relever le défi de la création d’emplois et de la transmission  des exploitations en agriculture paysanne.

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Forces et faiblesses de modèles alternatifs de production agricoles et alimentaires (Exemple de la permaculture et du réseau «Fermes d’avenir»)

Dans le cadre de nos réflexions tout au long de l’année 2016-2017sur les transitions possibles de l’agriculture face aux difficultés actuelles des agriculteurs et l’aspiration à des politiques agricoles et alimentaires renouvelées, nous vous invitons à participer à la prochaine séance de MARS avec :

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Peut-on se passer des pesticides pour les productions végétales ?

Les plans Ecophyto se succèdent et la consommation de produits phytosanitaires continue à augmenter en France. Des actions nombreuses, initiés par les pouvoirs publics, visent pourtant à mobiliser les agriculteurs sur la réduction des pesticides. Les solutions  techniques disponibles sont elles trop peu nombreuses, trop chères, pas assez efficaces ? N’est-ce pas plutôt que les acteurs de l’agriculture, dans leur ensemble, ont organisé leur stratégie autour des pesticides, et jugent qu’ils n’ont pas de marges de manœuvre pour faire différemment ? Analyse d’un verrouillage sociotechnique.

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Quelle place pour l’agriculture bio en France : Segment de marché ? Ou alternative à l’agriculture conventionnelle ?

Pour animer cette séance de notre programme 2016/2017 sur les modèles de production face aux défis (économiques, sociétaux, environnementaux) nous avons sollicité deux intervenants pour approfondir le sujet de la production biologique.

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Atouts et faiblesses du (des) modèle de production français pour affronter un marché laitier dérégulé

Nos travaux 2015/2016 ont essentiellement été consacrés à l’analyse des causes de la crise du marché laitiers et du jeu des acteurs (UE professionnels gouvernement  et entreprises de la filière) ainsi qu’a la nécessité de rétablir des politiques de régulation. 

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L’industrie laitière européenne lorgne sur l’Afrique de l’ouest

Les enjeux

L’Europe et l’Afrique de l’Ouest connaissent des situations a priori complémentaires quant au marché laitier. L’Europe produit trop de lait et ses excédents ont fortement augmenté depuis 2015, suite à l’abandon des quotas de production, alors que sa consommation, comme sa population, stagnent.

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Crise laitière : l’état d’urgence appelle des mesures d’urgence

Communiqué de MARS : Mouvement Agricole Rural Solidaire :

Depuis un an et demi l’Europe laitière s’enfonce inexorablement dans ses propres excédents. Et les remèdes apportés aggravent le mal en soutenant la course au volume aux dépens du prix, alors que c’est l’inverse qu’il faut faire; réduire un peu les volumes pour faire remonter fortement les prix. La France a fait des propositions et cherche des alliés, mais à Bruxelles les débats s’éternisent faute de volonté politique.

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Crise laitière : mardi 14 juin 2016, synthèse de l’année

En début d’année scolaire, en AG, nous avons décidé que MARS centrerait ses travaux 2016/2017 autour des questions concernant la crise de l’élevage. Plus particulièrement sur la question laitière, secteur sévèrement touché par la fin des mécanismes de régulation (avec la fin des quotas) et une forte inadéquation offre/demande, donc une très forte baisse des prix, conduisant à un effondrement des revenus, y compris dans les systèmes dits modernisés/intensifs.

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Face aux crises laitières , volume ou qualité?

S’il y un point sur lequel tout le monde semble d’accord, toutes tendances syndicales et politiques confondues, c’est bien que l’offre laitière européenne et mondiale dépasse largement le marché solvable depuis près de deux ans. Cela se traduit par des stocks importants et une chute des prix, plus ou moins forte selon les pays mais générale, depuis l’au- tomne 2014. Malgré çà, les éleveurs européens ont produit nettement plus de lait en 2015 qu’en 2014, qui fut pourtant une année record en volume et en prix. Pourquoi nos responsables politiques et syndicaux n’arrêtent ils pas cette course folle ? Face à la vague géante que nous alimentons et qui va submerger des milliers de producteurs, sommes nous myopes…ou cyniques ? Il n’est pourtant pas bien difficile de se faire une idée de l’importance de ces surplus par rapport à l’évolution du marché mondial. Puis de décider des mesures à prendre avant qu’il ne soit trop tard. Mais la limitation des volumes n’est vraiment pertinente à moyen terme que si elle se traduit par une meilleure valorisation du lait.

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Sortir de la crise du lait – Dossier de Transrural Initiatives d’avril 2016

Un an après la fin des quotas laitiers, ce dossier conçu avec des membres du Mouvement agricole et rural solidaire (MARS) et du MRJC, s’intéresse à la crise du secteur qui touche l’ensemble des éleveurs bovins laitiers, et à différents moyens de résister aux évolutions qui nous éloignent d’une Europe des campagnes vivantes.

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Crise de l’élevage, crise de représentation ?

Depuis l’été 2015, les manifestations d’agriculteurs s’enchainent pour dénoncer la crise économique qui frappe les filières d’élevage. Pourtant, au-delà de ce mot d’ordre qui semble unitaire, ces mobilisations renvoient à une pluralité de mouvements aux revendications variées, parfois contradictoires. Loin de refléter l’unité des mondes agricoles, elles révèlent au contraire la fragmentation du système de représentation des agriculteurs.

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Les accords de partenariats économiques (APE) entre l’UE et les pays Africains

Dans la continuité de notre travail de réflexion sur les politiques de marchés des produits de l’élevage et des régulations possibles en France et au sein de l’Union Européenne, il nous a semblé pertinent d’examiner aussi les politiques conduites par l’UE, dans ce domaine, avec divers pays Africains. Aujourd’hui concrètement, elles passent essentiellement par les accords de partenariats économiques (APE) dans lesquels elle tente, par différents moyens, de faire supprimer les dispositifs protecteurs des marchés locaux existants. Nous essaierons donc d’examiner le contenu de différents APE en cours de signature et de ratification et de réfléchir à leurs effets envisageables à terme dans les domaines économiques et sociaux sur les élevages des pays Africains de l’ouest et de l’est.

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Marché du lait, marché du porc : Contribution des autorités françaises , Propositions de mesures de gestion de crise

La baisse des prix des poudres de lait et du beurre se poursuit en ce début d’année 2016, en particulier le prix de la poudre de lait écrémé qui se situe au niveau de la valorisation à l’intervention. Le prix des fromages (à l’exception de l’emmental) sont tous orientés à la baisse depuis plusieurs semaines, ce qui traduit la forte saturation du marché des poudres de lait, et le report du lait vers les fromages, dont le marché est de ce fait également déstabilisé. Le prix du lait payé aux producteurs continue de décroître…

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Les exploitations laitières françaises sont-elles compétitives

La compétitivité est habituellement définie comme la capacité à conquérir et/ou à conserver des parts de marché en affrontant la concurrence aussi bien sur le marché intérieur qu’à l’export. Deuxième pays de l’UE exportateur de produits laitiers sur pays tiers, la France a nettement amélioré sa balance commerciale (3,7 milliards
d’euros en 2014) au cours de la dernière décennie grâce surtout au développement des exportations de fromages et de lait infantile. Cette participation grandissante aux échanges de produits laitiers en expansion tant au niveau européen que mondial, la solidité des débouchés sur le marché intérieur pour les productions de moyenne et haute gammes s’appuient sur différents atouts de la filière française en termes de compétitivité « prix » et « hors prix ».
Après avoir rappelé ces atouts et repositionné l’Union européenne et la France dans l’internationalisation des échanges des différents produits laitiers, l’objectif de cette communication est de présenter une analyse comparative de la compétitivité « prix » à l’amont de la filière, du coût de production du lait en France par rapport à d’autres pays
de l’Union européenne (Allemagne, Danemark, Irlande et Pays-Bas) ou plus lointains (Nouvelle-Zélande, Californie et Etat de New York aux Etats-Unis). Tout particulièrement dans l’Ouest (principal bassin laitier français), le coût de production du lait en France est favorisé par une bonne maîtrise des intrants. Néanmoins cette forte autonomie pour l’alimentation des vaches laitières pèse aujourd’hui sur le niveau moyen de productivité du travail et le coût de production par l’importance des fourrages désormais principalement cultivés et récoltés.

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Les emplois directs et indirects liés à l’élevage français

La mesure des emplois dans un secteur d’activité est un indicateur clef, en particulier dans la situation économique actuelle. Pourtant, concernant l’élevage et les activités qui lui sont liées, tant l’abondance de chiffres contradictoires dans certains cas que leur absence dans d’autres montraient la nécessité de mettre en œuvre des
moyens nouveaux pour obtenir des résultats fiables et précis. L’étude menée par le GIS Élevages Demain a abouti à la quantification des emplois liés aux élevages français, directs (dans les élevages) et indirects (autres activités).
L’analyse des emplois des exploitations agricoles a permis de distinguer la part de la main-d’œuvre et de calculer le nombre des équivalents temps plein employés dans chaque type d’atelier : bovin viande, bovin lait, ovin viande, ovin lait, caprin, porcin, volaille…
Par ailleurs, par la mise au point d’une méthode basée sur l’évaluation du niveau de dépendance vis-à-vis de l’élevage des différents acteurs économiques concernés, le périmètre des emplois indirects a pu être délimité de manière précise. Alimentation animale, santé, génétique, bâtiment, industries agroalimentaires… 135 types
d’acteurs dépendants de l’élevage ont ainsi été identifiés dans ces secteurs. Pour chacun d’entre eux, le nombre d’emplois liés à l’élevage a été estimé sur la base de sources statistiques, d’enquêtes professionnelles et/ou d’évaluation à dire d’expert. Les emplois concernés ont été classés selon leur niveau de dépendance à l’élevage.
Le type d’élevage auquel sont rattachés les emplois indirects a également été distingué.

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La dynamique récente des échanges français de produits laitiers

Le développement futur de la production laitière en France est conditionné essentiellement à la capacité des entreprises de la transformation à exporter davantage de produits laitiers vers les marchés internationaux. La France est le second pays
européen exportateur de produits laitiers derrière l’Allemagne. En dépit d’une augmentation de ses importations, surtout de fromages et de beurre, la France améliore régulièrement sa balance commerciale qui est passée de 1,9 milliard d’euros en 2000 à 3,7 milliards d’euros en 2014. Cette performance, encouragée par une hausse tendancielle des prix internationaux (sujets néanmoins à une forte volatilité), tient surtout à la dynamique des exportations vers les pays tiers (dont notamment la
Chine, l’Algérie et les USA). Si les échanges intra-communautaires se développent, le solde commercial de la France avec l’UE-28 est resté relativement stable au cours de la précédente décennie. Cette situation résulte d’une amélioration sensible du
positionnement français sur le marché britannique et espagnol et d’une détérioration de celui-ci sur le marché néerlandais, italien et, dans une moindre mesure, allemand. Pour les marchés asiatiques et africains, l’augmentation des exportations
concerne d’abord le lait infantile et la poudre de lait écrémé. Les exportations de fromages s’orientent, quant à elles, surtout vers les pays européens, avec par ordre décroissant l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Espagne.

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« Bien se nourrir et préserver la planète » 

Christian Rémésy, Directeur de recherche et nutritionniste, a développé dans le cadre de l’INRA une approche originale de la nutrition en approfondissant le potentiel santé des produits végétaux. Il a exploré les bases d’une nutrition préventive, avant d’élargir sa réflexion au développement d’une alimentation plus durable.

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Le 7. 9, jour de colère pour les éleveurs, journée noire pour l’Europe

André Pflimlin, 14 /09 /15

Ils étaient venus des quatre coins de l’Europe pour ce Conseil extraordinaire des ministres de l’agriculture à Bruxelles. De Lituanie et de Normandie, de Bavière et d’Angleterre, d’Espagne et de Bretagne, des Pays de Loire et de bien d’autres pays encore, après une longue nuit en car et souvent bien davantage. Ils avaient laissé leur famille et leurs vaches pour venir dire aux politiques qu’il faut agir vite pour remonter le prix du lait et qu’il faut aussi remettre en place une régulation de l’offre pour éviter de futures crises. Ils ne demandaient pas la lune, pas de nouvelles aides. Simplement un prix du lait couvrant les coûts de production et permettant de vivre de ce métier d’éleveur où on ne compte pas ses heures. Ils étaient rentrés dans Bruxelles très tôt et de toute part, avec 1500 tracteurs convergeant vers le Rond point Robert Schuman, face à l’immeuble du Conseil des ministres et celui de la toute puissante Commission Européenne, palais moderne de l’élite des eurocrates.

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Crises laitières : Le Conseil des Ministres et le Parlement doivent exiger un changement de stratégie de la Commission

09En pleine crise laitière, en 2015 comme en 2009, le discours reste le même à Bruxelles, à la Commission Européenne et au Copa–Cogeca, ou à Paris à la FNSEA. « Les perspectives de marché étant bonnes à long terme pour les produits animaux et l’Europe ayant un potentiel important de croissance laitière, nous devons produire plus et exporter plus» dit Phil Hogan, le Commissaire européen. « Il faut accélérer la modernisation et la concentration des exploitations d’élevage pour les rendre plus productives et plus compétitives», confirme le président de la FNSEA, également vice président du COPA (1) Outre les aléas d’une prévision à long terme, cette stratégie exportatrice pose question. Quelle sera la part des protéines animales dans l’alimentation des populations du Sud ? Quelles conséquences pour le développement des agricultures et l’élevage dans ces pays et sur les flux migratoires ? Quelles garanties pour nos éleveurs ?

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Crise laitière 2015: mirages et réalités

Résumé

L’annonce largement médiatisée d’un prix du lait à la ferme à 340€ minimum la tonne en France à partir du mois d’août apparait complètement invraisemblable dans un marché européen ouvert, alors que les cours mondiaux sont tombés en dessous de 200€ la tonne ! Sans changement de cap à Bruxelles, le prix du lait va continuer à baisser dans les prochains mois, malgré les protestations des éleveurs. Car, bien plus que la répartition des marges au sein de la filière et que l’embargo russe, c’est la politique laitière européenne pilotée par la Commission qui est directement en cause. Cette dernière a fait le pari de l’ouverture et de l’alignement du prix du lait sur celui du marché mondial jugé porteur. Elle a aussi abandonné la gestion du marché aux transformateurs et encouragé le grand export. Tout ceci, sans aucune garantie de revenu pour les producteurs, sans se soucier concrètement ni de la course à l’industrialisation, ni de l’accroissement des inégalités entre les régions. Et elle a ignoré superbement les mises en garde de nombreuses instances européennes. Cette crise laitière ou plutôt cette guerre du lait interne et externe, était inéluctable. Elle est le résultat logique du mirage du grand export, mirage dénoncé dès 2010 dans l’Europe laitière* et actualisé dans une note précédente (8)

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Le marché laitier mondial est un piège pour les éleveurs et un pari fatal pour l’Union Européenne

Depuis quelques semaines on découvre qu’il y a trop de lait, non seulement sur le marché européen mais aussi sur le marché mondial ! Nous l’avions annoncé dès la rentrée de septembre 2014(1) mais le prix du lait était encore trop élevé pour que ce message soit entendu. La contrainte des quotas et le poids des pénalités en Europe du Nord puis une mini sécheresse en Nouvelle Zélande -très bien médiatisée- avaient permis de gommer cette première alerte. Fin 2014, les frigos des laiteries étaient pleins à raz bord mais pour Bruxelles il n’y avait pas de stocks publics, pas d’intervention, donc pas de problème. C’est la Rabobank (le Crédit Agricole des Pays Bas) qui avait annoncé dès le printemps 2015 que le marché mondial laitier serait saturé jusqu’à l’automne, voire au delà. Elle vient de le confirmer fin juin(2) en reportant l’embellie probable à 2016. En effet, en Nouvelle Zélande, les prix des poudres de lait qui stagnaient autour de 1800 à 2000€ la tonne depuis l’été 2014, ont chuté de 5 à 10% le 7 juillet dernier, correspondant à la 8ème baisse consécutive depuis fin mars, alors que la nouvelle campagne laitière vient juste de redémarrer. Mais la production des principaux exportateurs ne s’est pas ralentie. Ni en Nouvelle Zélande malgré un prix du lait à la ferme à moins de 250€ la tonne depuis un an. Ni aux Etats Unis où le prix du lait a baissé nettement moins vite et moins fort et où la nouvelle loi sur la garantie de marge laitière vient de se mettre en place. Ni en Europe, malgré un prix du lait moyen autour de 300€ la tonne ces deniers mois, largement en dessous des coûts de production et masquant les situations les plus dramatiques. Dans les Pays Baltes, particulièrement touchés par l’embargo russe, le prix du lait est inférieur à 200€ la tonne depuis des mois ; ce printemps il était même à 160 –170 €/t en Lituanie pour les éleveurs en coopérative de vente et à 100€ sur le marché libre(3). Cette fois les conjoncturistes européens et français ne nient plus la crise. Le Parlement Européen s’en inquiète, les ministres de l’Agriculture aussi, mais l’Irlandais Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, continue à nier la crise. En espérant un miracle ou peut être une grande sécheresse pour éviter l’explosion à la rentrée de septembre? Plus sérieusement et malgré un discours plus polissé que celui de Mariann Fisher Boel, le nouveau commissaire, après l’intermède dacian Ciolos, s’inscrit parfaitement dans le choix « du tout marché» de la Commission, donc de la « guerre du lait interne et externe» annoncée dès 2009.

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la relation Homme/Animal : « du questionnement éthique à une remise en cause de l’activité d’élevage ?»

L’amendement Glavany visant à modifier le statut des animaux d’élevage (à l’exception des animaux sauvages ou de corrida  !) dans le code civil (1) qui les reconnaitrait comme « êtres  sensibles » tout en leur gardant le statut des « biens mobiliers », a été l’occasion d’une effervescence politico médiatique   (pétition  des  intellectuels  et  artistes,  articles  de  presse,  etc.)  dépassant  l’enjeu  lié  à  cet amendement.  Elle  révèle   le  caractère   de  plus  en  plus  controversé   de  ce  sujet  et  sans  doute  un changement  de  perception  de  l’élevage  dans  la  société  qui  pourrait   avoir  des  conséquences profondes  à  terme.

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la gestion de la forêt française métropolitaine

Nous nous intéresserons aux problématiques de production de bois d’œuvre et de bois de feu, ainsi qu’aux externalités environnementales que génèrent nos massifs forestiers, à savoir la conservation d’une riche biodiversité et la protection de diverses
ressources naturelles dont l’eau notamment. Tout cela dans le contexte du changement climatique.
Nous traiterons aussi le volet social et économique, avec la sous exploitation de notre forêt qui se traduit par un déficit annuel de notre commerce extérieur de bois de 6,5 milliards d’Euros et un gisement d’emplois potentiels divers décentralisés et répartis
sur une bonne partie de notre territoire, ignoré !

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L’alimentation des personnes en situation de précarité dans notre société et des liens à établir avec la politique agricole

Comment  recréer  des  solidarités  entre  acteurs  du  système alimentaire  et  consommateurs  les  plus  démunis  ? Comment  dépasser  le  clivage  qui  s’est  amplifié,  entre  le développement  économique  des  producteurs,  les  acteurs  de  la  filière  et  l’assistanat  des  plus  pauvres  ?
Quelles  sont  les  attentes  et  les  limites  des  actions  conduites  par  les  grandes  organisations  d’aide  alimentaire  qui  interviennent en  soutien  aux  plus  démunis,  dans  notre  Hexagone?
Compte  tenu  des  expérimentations  sociales  qui  ont  été  menées ces  dernières  années,  quels  dispositifs  peut-­‐on  imaginer  à  des échelles  locales,   qui  réintègrent  la  production  alimentaire  pour
les  couches  démunies  dans  des  circuits  d’échange  de  la production  marchande.

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L’agriculture et l’agroalimentaire en chine. Enjeux en termes d’indépendance alimentaire de ce pays et de débouchés pour notre agriculture européenne

Le sujet a été introduit par : Jean-Marc Chaumet de l’Institut de l’Elevage.

Le décollage économique chinois il y a plus de 35 ans a considérablement modifié l’économie mondiale. Atelier du monde, premier exportateur mondial tous produits confondus la place de l’Empire du Milieu dans le commerce mondial des produits manufacturés est largement connue. La construction de la puissance chinoise repose cependant sur une dépendance croissante vis-à-vis de l’étranger. Plus puissante, la Chine est en effet paradoxalement moins souveraine car plus dépendante de l’extérieur. Cette évolution concerne notamment les matières premières, malgré des productions intérieures importantes. La demande en énergie et en produits intermédiaires, nécessaires pour alimenter la production, de la deuxième puissance économique de la planète est depuis longtemps analysée. Mais l’alimentation est un aspect souvent oublié. Or, la croissance économique chinoise a eu pour conséquence une évolution rapide du régime alimentaire des chinois et des contraintes grandissantes handicapant la production agricole (urbanisation, pollution…) et augmentant sa dépendance en produits alimentaires.

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La nouvelle loi agricole des Etats-Unis

Le congrès des Etats Unis a adopté le 5 février une nouvelle loi agricole pour la période 2014-2018. Il s’agit, comme il est de tradition là bas, d’un « peignage » législatif qui intervient à peu près tous les 5 ans. Cette loi traite notamment des règlements et dispositifs de soutiens de marchés ainsi que des aides alimentaires et environnementales.
Par son importance et ses divers effets induits cette politique impacte toutes les autres politiques agricoles de la planète et notamment celle de la PAC. En France et en Europe différentes réactions médiatiques parfois contradictoires, parfois peu compréhensibles, mais surtout trop simplistes et schématiques ont fait écho à cette loi. Cependant elles ne nous ont
guère éclairés sur son contenu réel et les effets et dynamiques prévisibles qu’on peut en attendre dans les domaines sociaux, environnementaux et économiques. Tu trouveras sur notre site différents documents de travail pour t’aider à préparer cette réunion.

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Difficile renouvellement des politiques agricoles, à partir de l’exemple du Québec et du Canada

Le Canada est le deuxième pays du monde en terme de superficie surpassant les Etats-Unis. Il n’y a toutefois que 7% de cette immense surface qui est cultivable. Cela laisse quand même une surface agricole d’un peu plus du double de la SAU de la France alors que la population dépasse à peine 33 Millions d’habitants. Cette disproportion entre population et surface agricole en fait un pays traditionnellement exportateur de produits agricoles.

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L’accord de partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement ou « TTIP » en anglais

La troisième séance de négociation de ce futur accord s’est tenue tout récemment à Bruxelles et il est probable que le président Obama qui sera présent à Bruxelles pour le sommet EU-USA le 26 mars abordera cette question. L’affaire est donc d’une grande actualité!

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Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt

Le projet de loi intitulé « Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt »  a été débattu en première lecture à l’assemblée nationale. Il sera soumis au sénat en avril.  Sur la base de ces premiers débats et des réactions diverses qu’ils ont suscitées nous essaierons  de faire le point sur le contenu législatif qui s’esquisse .

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La rente foncière

« La problématique de la rente foncière avait connu durant les années 1970-80 une éclipse, notamment dans le champ de la science économique. La crise du régime fordiste en constitue l’une des explications centrales. Une telle problématique semble resurgir depuis le début des années 2000 à la faveur de l’envolée de certains prix liés au foncier, et tout particulièrement l’immobilier. Il faut y voir l’impact du modèle de croissance centré sur la finance international. On sait en effet que la financiarisation des économies a ouvert la voie à une ré-appropriation du foncier, mais aussi des sous-sols dans lesquels sont puisées les ressources énergétiques et minières. Un retour sur la question de la rente s’impose donc. Pour effectuer ce retour, il convient de puiser dans l’histoire de la pensée économique, dont on connaît la richesse des controverses au sujet de la rente. L’intervention offrira l’occasion de se replonger dans des débats passionnés et passionnants et qui furent constitutifs de la formation de la science économique. » (Th. Pouch).

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PAC 2014-2020 et systèmes d’exploitation : équilibre cultures/élevage

La réunion du 8 octobre a permis de traiter des effets attendus des arbitrages français sur la mise en œuvre de la réforme de la PAC pour la période 2014/2020. La question des impacts prévisibles a été traitée et présentée par Franck Michel chargé d’études économiques à la Chambre d’Agriculture de Poitou – Charentes, sur la base des grandes lignes de cette déclinaison nationale présentée quelques jours plutôt au Sommet de l’Elevage de Clermont Ferrand.

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Les marges de manœuvre du gouvernement français dans la PAC à la lumière de l’expérience allemande

« La perte de compétitivité de notre agriculture par rapport à celle de l’Allemagne», voici un thème qui occupe une place de plus en plus importante dans les propos des leaders agricoles Français. On se désole de la concurrence allemande et des nombreux dangers qui guettent les filières animales en France. On ne retient des décisions allemandes que la nécessité d’importer en France leurs turpitudes Bolkestein en baissant les salaires.

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Les impacts économiques et sociaux sur l’agriculture Mexicaine des accords commerciaux de l’ « ALENA »

Alors que l’UE s’engage avec les Etats unis et le Canada dans une négociation commerciale, qu’en est-il de l’impact sur l’Agriculture mexicaine, des accords commerciaux conclus dans le cadre de l’ALENA en 1994 entre le Mexique les Etats Unis et le Canada.

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Afterres 2050 : construire une alimentation, une agriculture et un usage des terres durables en France

Quelle agriculture avec la réduction de la consommation d’énergies fossiles ? Dans le cadre de la réflexion  : « Réussir la transition énergétique » réalisée par  l’association Négawatt  le bureau d’étude Solagro a  réalisé un travail sur l’agriculture et l’élevage présenté dans un document intitulé « Afterres 2050 ».

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Une zone Euro au milieu du gué : origines et conséquences sur l’agriculture

Le sujet a été  introduit par Thierry Pouch.

Une zone euro au milieu du gué : origines et conséquences sur l’agriculture powerpoint de l’exposé : 2012-05-15-Pouch-1 La zone Euro à quitte ou double : 2012-05-15-Pouch-4 La politique agricole : un angle mort dans la théorie macroéconomique et la politique économique. Une lecture à partir du cas américain : 2012-05-15-Pouch-USA

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L’évaluation comparée des systèmes de production herbagers économes et des systèmes « traditionnels-intensifs »

Le sujet sa été  introduit par :

Nadège Garambois Maître de conférences à AGROPARISTECH.

Evaluation économique, du point de vue de la collectivité , des systèmes bovins laitiers herbagers : 2012-01-17-Garambois, Devienne (2010) – Evaluation économique des systèmes bovins herbagers

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