Atouts et faiblesses du (des) modèle de production français pour affronter un marché laitier dérégulé

Nos travaux 2015/2016 ont essentiellement été consacrés à l’analyse des causes de la crise du marché laitiers et du jeu des acteurs (UE professionnels gouvernement  et entreprises de la filière) ainsi qu’a la nécessité de rétablir des politiques de régulation. 

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L’industrie laitière européenne lorgne sur l’Afrique de l’ouest

Les enjeux

L’Europe et l’Afrique de l’Ouest connaissent des situations a priori complémentaires quant au marché laitier. L’Europe produit trop de lait et ses excédents ont fortement augmenté depuis 2015, suite à l’abandon des quotas de production, alors que sa consommation, comme sa population, stagnent.

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Crise laitière : l’état d’urgence appelle des mesures d’urgence

Communiqué de MARS : Mouvement Agricole Rural Solidaire :

Depuis un an et demi l’Europe laitière s’enfonce inexorablement dans ses propres excédents. Et les remèdes apportés aggravent le mal en soutenant la course au volume aux dépens du prix, alors que c’est l’inverse qu’il faut faire; réduire un peu les volumes pour faire remonter fortement les prix. La France a fait des propositions et cherche des alliés, mais à Bruxelles les débats s’éternisent faute de volonté politique.

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Crise laitière : mardi 14 juin 2016, synthèse de l’année

En début d’année scolaire, en AG, nous avons décidé que MARS centrerait ses travaux 2016/2017 autour des questions concernant la crise de l’élevage. Plus particulièrement sur la question laitière, secteur sévèrement touché par la fin des mécanismes de régulation (avec la fin des quotas) et une forte inadéquation offre/demande, donc une très forte baisse des prix, conduisant à un effondrement des revenus, y compris dans les systèmes dits modernisés/intensifs.

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Face aux crises laitières , volume ou qualité?

S’il y un point sur lequel tout le monde semble d’accord, toutes tendances syndicales et politiques confondues, c’est bien que l’offre laitière européenne et mondiale dépasse largement le marché solvable depuis près de deux ans. Cela se traduit par des stocks importants et une chute des prix, plus ou moins forte selon les pays mais générale, depuis l’au- tomne 2014. Malgré çà, les éleveurs européens ont produit nettement plus de lait en 2015 qu’en 2014, qui fut pourtant une année record en volume et en prix. Pourquoi nos responsables politiques et syndicaux n’arrêtent ils pas cette course folle ? Face à la vague géante que nous alimentons et qui va submerger des milliers de producteurs, sommes nous myopes…ou cyniques ? Il n’est pourtant pas bien difficile de se faire une idée de l’importance de ces surplus par rapport à l’évolution du marché mondial. Puis de décider des mesures à prendre avant qu’il ne soit trop tard. Mais la limitation des volumes n’est vraiment pertinente à moyen terme que si elle se traduit par une meilleure valorisation du lait.

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Sortir de la crise du lait – Dossier de Transrural Initiatives d’avril 2016

Un an après la fin des quotas laitiers, ce dossier conçu avec des membres du Mouvement agricole et rural solidaire (MARS) et du MRJC, s’intéresse à la crise du secteur qui touche l’ensemble des éleveurs bovins laitiers, et à différents moyens de résister aux évolutions qui nous éloignent d’une Europe des campagnes vivantes.

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Crise de l’élevage, crise de représentation ?

Depuis l’été 2015, les manifestations d’agriculteurs s’enchainent pour dénoncer la crise économique qui frappe les filières d’élevage. Pourtant, au-delà de ce mot d’ordre qui semble unitaire, ces mobilisations renvoient à une pluralité de mouvements aux revendications variées, parfois contradictoires. Loin de refléter l’unité des mondes agricoles, elles révèlent au contraire la fragmentation du système de représentation des agriculteurs.

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Marché du lait, marché du porc : Contribution des autorités françaises , Propositions de mesures de gestion de crise

La baisse des prix des poudres de lait et du beurre se poursuit en ce début d’année 2016, en particulier le prix de la poudre de lait écrémé qui se situe au niveau de la valorisation à l’intervention. Le prix des fromages (à l’exception de l’emmental) sont tous orientés à la baisse depuis plusieurs semaines, ce qui traduit la forte saturation du marché des poudres de lait, et le report du lait vers les fromages, dont le marché est de ce fait également déstabilisé. Le prix du lait payé aux producteurs continue de décroître…

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Les exploitations laitières françaises sont-elles compétitives

La compétitivité est habituellement définie comme la capacité à conquérir et/ou à conserver des parts de marché en affrontant la concurrence aussi bien sur le marché intérieur qu’à l’export. Deuxième pays de l’UE exportateur de produits laitiers sur pays tiers, la France a nettement amélioré sa balance commerciale (3,7 milliards
d’euros en 2014) au cours de la dernière décennie grâce surtout au développement des exportations de fromages et de lait infantile. Cette participation grandissante aux échanges de produits laitiers en expansion tant au niveau européen que mondial, la solidité des débouchés sur le marché intérieur pour les productions de moyenne et haute gammes s’appuient sur différents atouts de la filière française en termes de compétitivité « prix » et « hors prix ».
Après avoir rappelé ces atouts et repositionné l’Union européenne et la France dans l’internationalisation des échanges des différents produits laitiers, l’objectif de cette communication est de présenter une analyse comparative de la compétitivité « prix » à l’amont de la filière, du coût de production du lait en France par rapport à d’autres pays
de l’Union européenne (Allemagne, Danemark, Irlande et Pays-Bas) ou plus lointains (Nouvelle-Zélande, Californie et Etat de New York aux Etats-Unis). Tout particulièrement dans l’Ouest (principal bassin laitier français), le coût de production du lait en France est favorisé par une bonne maîtrise des intrants. Néanmoins cette forte autonomie pour l’alimentation des vaches laitières pèse aujourd’hui sur le niveau moyen de productivité du travail et le coût de production par l’importance des fourrages désormais principalement cultivés et récoltés.

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La dynamique récente des échanges français de produits laitiers

Le développement futur de la production laitière en France est conditionné essentiellement à la capacité des entreprises de la transformation à exporter davantage de produits laitiers vers les marchés internationaux. La France est le second pays
européen exportateur de produits laitiers derrière l’Allemagne. En dépit d’une augmentation de ses importations, surtout de fromages et de beurre, la France améliore régulièrement sa balance commerciale qui est passée de 1,9 milliard d’euros en 2000 à 3,7 milliards d’euros en 2014. Cette performance, encouragée par une hausse tendancielle des prix internationaux (sujets néanmoins à une forte volatilité), tient surtout à la dynamique des exportations vers les pays tiers (dont notamment la
Chine, l’Algérie et les USA). Si les échanges intra-communautaires se développent, le solde commercial de la France avec l’UE-28 est resté relativement stable au cours de la précédente décennie. Cette situation résulte d’une amélioration sensible du
positionnement français sur le marché britannique et espagnol et d’une détérioration de celui-ci sur le marché néerlandais, italien et, dans une moindre mesure, allemand. Pour les marchés asiatiques et africains, l’augmentation des exportations
concerne d’abord le lait infantile et la poudre de lait écrémé. Les exportations de fromages s’orientent, quant à elles, surtout vers les pays européens, avec par ordre décroissant l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Espagne.

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Le 7. 9, jour de colère pour les éleveurs, journée noire pour l’Europe

André Pflimlin, 14 /09 /15

Ils étaient venus des quatre coins de l’Europe pour ce Conseil extraordinaire des ministres de l’agriculture à Bruxelles. De Lituanie et de Normandie, de Bavière et d’Angleterre, d’Espagne et de Bretagne, des Pays de Loire et de bien d’autres pays encore, après une longue nuit en car et souvent bien davantage. Ils avaient laissé leur famille et leurs vaches pour venir dire aux politiques qu’il faut agir vite pour remonter le prix du lait et qu’il faut aussi remettre en place une régulation de l’offre pour éviter de futures crises. Ils ne demandaient pas la lune, pas de nouvelles aides. Simplement un prix du lait couvrant les coûts de production et permettant de vivre de ce métier d’éleveur où on ne compte pas ses heures. Ils étaient rentrés dans Bruxelles très tôt et de toute part, avec 1500 tracteurs convergeant vers le Rond point Robert Schuman, face à l’immeuble du Conseil des ministres et celui de la toute puissante Commission Européenne, palais moderne de l’élite des eurocrates.

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Crises laitières : Le Conseil des Ministres et le Parlement doivent exiger un changement de stratégie de la Commission

09En pleine crise laitière, en 2015 comme en 2009, le discours reste le même à Bruxelles, à la Commission Européenne et au Copa–Cogeca, ou à Paris à la FNSEA. « Les perspectives de marché étant bonnes à long terme pour les produits animaux et l’Europe ayant un potentiel important de croissance laitière, nous devons produire plus et exporter plus» dit Phil Hogan, le Commissaire européen. « Il faut accélérer la modernisation et la concentration des exploitations d’élevage pour les rendre plus productives et plus compétitives», confirme le président de la FNSEA, également vice président du COPA (1) Outre les aléas d’une prévision à long terme, cette stratégie exportatrice pose question. Quelle sera la part des protéines animales dans l’alimentation des populations du Sud ? Quelles conséquences pour le développement des agricultures et l’élevage dans ces pays et sur les flux migratoires ? Quelles garanties pour nos éleveurs ?

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Crise laitière 2015: mirages et réalités

Résumé

L’annonce largement médiatisée d’un prix du lait à la ferme à 340€ minimum la tonne en France à partir du mois d’août apparait complètement invraisemblable dans un marché européen ouvert, alors que les cours mondiaux sont tombés en dessous de 200€ la tonne ! Sans changement de cap à Bruxelles, le prix du lait va continuer à baisser dans les prochains mois, malgré les protestations des éleveurs. Car, bien plus que la répartition des marges au sein de la filière et que l’embargo russe, c’est la politique laitière européenne pilotée par la Commission qui est directement en cause. Cette dernière a fait le pari de l’ouverture et de l’alignement du prix du lait sur celui du marché mondial jugé porteur. Elle a aussi abandonné la gestion du marché aux transformateurs et encouragé le grand export. Tout ceci, sans aucune garantie de revenu pour les producteurs, sans se soucier concrètement ni de la course à l’industrialisation, ni de l’accroissement des inégalités entre les régions. Et elle a ignoré superbement les mises en garde de nombreuses instances européennes. Cette crise laitière ou plutôt cette guerre du lait interne et externe, était inéluctable. Elle est le résultat logique du mirage du grand export, mirage dénoncé dès 2010 dans l’Europe laitière* et actualisé dans une note précédente (8)

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Le marché laitier mondial est un piège pour les éleveurs et un pari fatal pour l’Union Européenne

Depuis quelques semaines on découvre qu’il y a trop de lait, non seulement sur le marché européen mais aussi sur le marché mondial ! Nous l’avions annoncé dès la rentrée de septembre 2014(1) mais le prix du lait était encore trop élevé pour que ce message soit entendu. La contrainte des quotas et le poids des pénalités en Europe du Nord puis une mini sécheresse en Nouvelle Zélande -très bien médiatisée- avaient permis de gommer cette première alerte. Fin 2014, les frigos des laiteries étaient pleins à raz bord mais pour Bruxelles il n’y avait pas de stocks publics, pas d’intervention, donc pas de problème. C’est la Rabobank (le Crédit Agricole des Pays Bas) qui avait annoncé dès le printemps 2015 que le marché mondial laitier serait saturé jusqu’à l’automne, voire au delà. Elle vient de le confirmer fin juin(2) en reportant l’embellie probable à 2016. En effet, en Nouvelle Zélande, les prix des poudres de lait qui stagnaient autour de 1800 à 2000€ la tonne depuis l’été 2014, ont chuté de 5 à 10% le 7 juillet dernier, correspondant à la 8ème baisse consécutive depuis fin mars, alors que la nouvelle campagne laitière vient juste de redémarrer. Mais la production des principaux exportateurs ne s’est pas ralentie. Ni en Nouvelle Zélande malgré un prix du lait à la ferme à moins de 250€ la tonne depuis un an. Ni aux Etats Unis où le prix du lait a baissé nettement moins vite et moins fort et où la nouvelle loi sur la garantie de marge laitière vient de se mettre en place. Ni en Europe, malgré un prix du lait moyen autour de 300€ la tonne ces deniers mois, largement en dessous des coûts de production et masquant les situations les plus dramatiques. Dans les Pays Baltes, particulièrement touchés par l’embargo russe, le prix du lait est inférieur à 200€ la tonne depuis des mois ; ce printemps il était même à 160 –170 €/t en Lituanie pour les éleveurs en coopérative de vente et à 100€ sur le marché libre(3). Cette fois les conjoncturistes européens et français ne nient plus la crise. Le Parlement Européen s’en inquiète, les ministres de l’Agriculture aussi, mais l’Irlandais Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, continue à nier la crise. En espérant un miracle ou peut être une grande sécheresse pour éviter l’explosion à la rentrée de septembre? Plus sérieusement et malgré un discours plus polissé que celui de Mariann Fisher Boel, le nouveau commissaire, après l’intermède dacian Ciolos, s’inscrit parfaitement dans le choix « du tout marché» de la Commission, donc de la « guerre du lait interne et externe» annoncée dès 2009.

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