Pour une politique des prix et de partage des marges équitables dans les filières alimentaires Quels outils existants ou à construire ?

Échange avec Philippe BOYER, secrétaire général de l’observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires

La première phase des États généraux de l’alimentation a semble t-il abouti à un consensus sur la nécessité de mieux opérer le partage des marges dans les filières alimentaires afin notamment qu’il ne se fasse pas au détriment des producteurs, premiers maillons de la chaîne mais souvent derniers bénéficiaires en terme de valeurs ajoutées. Les dernières crises  des marchés sur les principales productions, qui ont entraîné pour les producteurs des revenus dramatiquement en baisse  et susceptibles de déséquilibrer de façon cruciale ces filières, sont largement à l’origine de ce consensus. Mais que peut-il en résulter au delà de l’annonce ? E. Macron, dans son discours de clôture de cette première phase, a indiqué qu’il fallait inverser le sens de la construction du prix, en partant du producteur et de ses coûts de production pour établir cette chaîne de valeur. Ce qui a pu surprendre dans la mesure où  cette revendication syndicale n’a pas eu tellement le vent en poupe dans toute la phase de libéralisation continue des marchés agricoles.

Si le système de fixation des prix doit être inversé cela nécessite au moins deux choses :

  • Un cadre réglementaire rénové qui ne peut de toute évidence, dans le contexte actuel, consister en un retour à des prix administrés. Alors sur quel système d’indexation s’appuyer, notamment pour rester compatible avec les règles européennes ?
  • Des instruments statistiques fiables et reconnus des parties prenantes, pour la  prise en compte des coûts de production des producteurs et le partage de la valeur ajoutée.

Parmi les mesures préconisées par les premières discussions des États généraux de l’alimentation (EGA) il est question de renforcer l’observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. C’est pourquoi nous avons demandé à son Secrétaire général, Philippe Boyer de venir échanger à Mars à partir de son expérience d’animation des travaux de l’observatoire depuis ses débuts en 2010. Nous lui avons demandé :

  • dans un premier temps de nous présenter les résultats de la principale production annuelle de l’observatoire à savoir « l’euro alimentaire » qui décompose le partage de la valeur ajoutée au sein  de la consommation alimentaire entre les différentes branches de l’économie, de la production à la distribution.
  • De faire une analyse critique des données mobilisées (statistiques publiques, données professionnelles des filières), des traitements et de la pertinence de cette notion de partage de la valeur ajoutée ?
  •  enfin d’ouvrir la discussion sur les améliorations ou évolutions nécessaires dans l’hypothèse ou ces productions statistiques devraient dépasser le simple statut d’observatoire pour devenir un outil de cette nouvelle politique répondant aux attentes des producteurs, des consommateurs, mais aussi de tous les bénéficiaires de la création de valeur  notamment les emplois salariés dans les filières alimentaires (plus de 2 millions d’emplois induits par la consommation alimentaire dans l’industrie, le commerce, la restauration et les services) .

Télécharger “Que rémunèrent nos dépenses alimentaires?” PPT-MARS.pdf – Téléchargé 35 fois – 2 MB

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