Quelle fiabilité pour les statistiques sur les revenus agricoles ? Retour sur la polémique de décembre 2013

Le sujet a été introduit par :

Maurice DESRIERS, Ancien secrétaire de la Commission des comptes de l’agriculture (SSP), actuellement Administrateur de  « Terre de liens Ile-de-France ».

De manière assez paradoxale, les résultats des statistiques sur les revenus des agriculteurs en France ne font l’objet d’un consensus que lorsqu’il sont mauvais. Lors de la publication des résltats prévisionnels pour 2013, une polémique a été soulevée au sujet de la révision des chiffres de 2012, très favorables pour les agriculteurs, mais qui avaient été révisés à la baisse.

Le système statistique public français sur les revenus agricoles est un des plus complets et un des plus performants d’Europe. L’approche combinée à partir du RICA et de la comptabilité nationale permet d’avoir une vision très précise de la situation des revenus de l’agriculture et des exploitants agricoles. Elle permet notamment de mesurer la très grande disparité des situations et d’analyser la formation des revenus dans les différentes spécialisation, et notamment le rôle des aides. Ces outils, s’ils sont toujours perfectibles, sont un élément essentiel du pilotage de la politique agricole française et notamment du suivi de la distribution des aides.

Une réflexion au sujet de « Quelle fiabilité pour les statistiques sur les revenus agricoles ? Retour sur la polémique de décembre 2013 »

  1. RICA, une utilisation trop exclusive ?

    Quelques réflexions post réunion MARS du 4 02 14 sur les revenus agricoles

    N’étant pas économiste et seulement utilisateur occasionnel du RICA/ FADN pour comprendre les évolutions des systèmes laitiers européens je vous livre néanmoins mes interrogations et critiques (anciennes) sur l’utilisation du RICA, outil bien adapté pour étudier la compétitivité économique passée entre pays et régions mais trop souvent utilisé pour définir ou consolider la politique (laitière) et rurale libérale de l’UE à 28 pour les prochaines décennies.

    Je me recentre principalement sur deux points que j’avais évoqué rapidement l’autre soir :
    Le RICA est un outil de suivi économique commun intra et inter pays UE, pour la profession, les instituts techniques, la recherche et le Ministère …MAIS :

    a)Il est devenu hégémonique, trop souvent utilisé de façon exclusive pour piloter une politique de compétition et d’élimination (des voisins , des élevages et des régions plus fragiles ) mais aussi de découragement à l’installation, qui conduit à vider les campagnes, et à faire du lait hors sol dans des grandes unités robotisées à forte productivité du travail, aux dépens de l’environnement et du consommateur ! C’est très simpliste sans doute mais assez clair pour exprimer mon ressenti.

    b) il ne peut pas se substituer à une véritable recherche économique de l’INRA, allant de la ferme à la région puis à l’interrégional prenant en compte la diversité des territoires et leur multifonctionnalité, fournisseurs de services et biens publics qui devront être rémunérés demain si l’on veut maintenir l’élevage d’herbivores dans les zones moins favorisées.
    Certaines études ont chiffré une partie des services associés à la prairie à 600€ /ha ( CAS INRA 2008) Très peu ont porté sur les surcoûts des pollutions avec des cultures fourragères annuelles tel le maïs Or l’addition des Plus pour la prairie et des Moins pour le maïs peut représenter l’équivalent du revenu du Rica voire davantage…. mettons + 300€ pour la prairie et – 100 € pour le maïs = 400€ X 50 HA = 20 000€. Simpliste mais peut être pas stupide…Car souvent on affirme qu’un système est supérieur à un autre pour une différence de moins de 5 000€ de revenu En ne prenant en compte que ce qui était payé hier on perpétue les règles du passé. D’accord pour que les centres de gestion se limitent à cette règle, pas satisfait si l’Inra s’y limite aussi .

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